Yaxha, la perle Maya

Le site Maya de Yaxha a été une formidable surprise : encore peu connu et beaucoup moins fréquenté par les touristes (mais pas par les moustiques !) que le grand Tikal, cette ancienne citée en bord de lac est encore bien enfouie dans la jungle, et c'est ce qui fait tout son charme.

Dès notre arrivée, nous sommes accueillis par les singes hurleurs : un spectacle d’une intensité presque effrayante (heureusement qu’il faisait jour !). Ainsi je pose la main sur ma première pyramide Maya : l’endroit est exceptionnel et son côté préservé me laisse imaginer sans mal la vie qui s’y écoulait il y a plusieurs milliers d’années.

Le parc est assez grand mais la visite ne dure que 3 heures, non pas qu’il fasse nuit tôt mais plutôt par peur d’y laisser un touriste un peu trop aventureux. Les moustiques sont bien présents (et en nombre !) dans ce climat chaud-humide : le répulsif est de sortie ! Quelques touristes inconscients déambulent dans le parc en short / débardeur, bientôt leur peau se ponctuent de dizaines de boutons : il ne faut pas oublier qu’ici, le Paludisme se transmet rapidement.

Nous nous détachons du groupe et glissons sur le sol humide, nos nuques renversées vers les cimes des arbres et au bout desquelles se balancent des singes arrangés, où chantent les singes hurleurs : ces scènes sont incroyables, magiques, nous en oublions même le climat et les bourdonnements acides des mosquitos. (Rien qu’en écrivant l’article, ça me démange !)

Nous avons un peu (trop) pris notre temps dans le parc : le guide nous avait donné RDV à 17h en haut de la plus haute pyramide pour y contempler le coucher de soleil sur le lac et l’épaisse canopée, mais nous sommes encore à plusieurs centaines de mètres, au sommet d’un petite pyramide où les singes, moins farouches, se baladent sur les branches à seulement quelques mètres de nous !

10 minutes au pas de course et nous arrivons en bas des escaliers de la grande pyramide. En haut, un autre moment d’émerveillement nous attendait. Quand nous sommes arrivés, une vingtaine de personne, peut-être plus, était assise sur les bords bétonnés.
Nous prenons place discrètement pour ne pas ébranler ce fragile silence : l’ambiance est merveilleuse, presque irréelle. Personne ne parle, tout le monde contemple l’horizon cuivré, les singes hurleurs chantent la chute du soleil, la canopée, resplendissante, océan de verdure, s’assombri peu à peu.

Le lac au loin reflète chacun des derniers rayons du soleil, un vent tiède et apprécié s’étale sur nous, il n’y a plus de moustique, mais seulement le bruit de la jungle qui se réveille. Les lumières sont d’une incroyable pureté, le soleil rasant s’étale sur la roche des pyramides orangées, et projette leurs ombres sur les arbres fourmillants d’oiseaux aux chants divins. C’est un grand moment, un très grand moment de bonheur, d’une détente profonde et contemplative, de reconnaissance.

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